2011 – une crise de la gouvernance
Les manifestations de l’année 2011 témoignent de la colère ressentie contre la corruption dans le monde politique et le secteur public
Berlin / Berne, 1er décembre 2011 – La corruption continue d’affaiblir de trop nombreux pays à travers le monde, d’après l’Indice de perception de la corruption (IPC) 2011 de Transparency International, paru aujourd’hui. Il montre que certains gouvernements échouent à protéger leurs citoyens contre la corruption, qu’il s’agisse de détournements de ressources publiques, de pots-de-vin ou de prises de décisions tenues secrètes.
Transparency International a signalé que les manifestations organisées à travers le monde, souvent alimentées par la corruption et l’instabilité économique, montraient clairement que les citoyens avaient le sentiment que leurs dirigeants et institutions publiques n’étaient ni assez transparents, ni assez responsables.
« Cette année nous avons vu la corruption dénoncée sur les banderoles des manifestants, riches ou pauvres. Que ce soit dans l’Europe touchée par la crise de la dette ou dans le monde arabe qui entre dans une nouvelle ère politique, les dirigeants doivent répondre à ces aspirations à de meilleurs gouvernements », a déclaré Huguette Labelle, la Présidente de Transparency International.
Indice de perception de la corruption 2011 : les résultats
L’Indice de perception de la corruption (IPC) mesure les perceptions de la corruption dans le secteur public. L’indice 2011 note 183 pays et territoires sur une échelle allant de 0 (extrêmement corrompu) à 10 (extrêmement intègre). Il utilise les données de 17 enquêtes portant sur des facteurs tels que l’application des lois anti-corruption, l’accès à l’information et les conflits d’intérêts.
Deux tiers des pays classés ont un score inférieur à 5. La Nouvelle-Zélande arrive en tête, suivie de la Finlande et du Danemark. La Suisse se classe cette année avec l’Australie à la huitième place avec un score de 8,8 sur l’IPC. L’Afghanistan, le Myanmar, la Somalie et la Corée du Nord (incluse dans l’indice pour la première fois) sont dernières.
La responsabilité de la Suisse
Bien que la Suisse soit encore cette année placée parmi les 10 premiers pays du classement, la lutte contre la corruption reste à l’ordre du jour sur le plan national.
Un thème important, qui a donné lieu à de nombreuses discussions en cette année électorale 2011, est l’absence de réglementation dans le domaine du financement de la politique. Dans l’ignorance des sources de financement des partis et des comités électoraux ou référendaires les citoyens et citoyennes ne peuvent évaluer que difficilement l’impact des groupes d’intérêts ou des individus sur la vie politique. La transparence du financement de la politique donnerait aux citoyens et citoyennes une information supplémentaire pour prendre leur décision dans les votations et élections. La confiance de la population dans la politique s’en trouverait renforcée.
Le CPI 2011 montre également que le fossé entre pays pauvres et pays riches reste profond en ce qui concerne la corruption. Ici aussi, la Suisse a un rôle central à jouer. En tant que place financière internationale, la Suisse porte une certaine responsabilité à l’égard des avoirs des chefs d’état et des hauts fonctionnaires qui s’enrichissent aux dépens de leur pays: bien que la Suisse ait assumé un rôle actif dans la restitution des avoirs mal acquis, elle reste une adresse où aboutissent ces biens acquis de manière illicite. Il est de toute urgence d’empêcher que ces biens parviennent en Suisse par un dispositif de prévention amélioré.
Les résultats en détail
Foire aux questions
Note méthodologique
