Table ronde du 28 mai 2018: Blanchiment d‘argent en dehors du secteur financier: perspectives

Actuellement, le dispositif antiblanchiment suisse ne s’applique qu’aux activités d’intermédiation financière et, par conséquent, ne crée d’obligations que pour les acteurs qui peuvent disposer directement des valeurs patrimoniales de leurs clients. Les fuites d’informations et les affaires de blanchiment d’argent dénoncées par les médias et les autorités de poursuite pénale au cours des dernières années confirment toutefois ce que nous savons depuis longtemps: les blanchisseurs d’argent ont recours à un éventail de services de plus en plus large. De fait, ils ne se cantonnent pas à l’intermédiation financière, mais utilisent des constructions juridiques toujours plus complexes pour dissimuler l’origine illégale de leurs capitaux. À ces fins, ils font abondamment usage – et notamment en Suisse – des services d’avocats, de notaires, de fiduciaires, d’agents immobiliers et de négociants en oeuvres d’art et produits de luxe. De ce fait, la Suisse est une fois encore pointée du doigt par la communauté internationale. Dans un rapport paru dernièrement, le Groupe d’action financière (GAFI) a épinglé notre pays sur ces points et exigé l’élimination de ces failles. Le Conseil fédéral proposera sous peu un projet de révision de loi pour répondre à ces exigences. Quelle est la gravité réelle des risques de blanchiment...